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Application Pratique de l'Hypnothérapie Ericksonienne Indirecte Avancée: Une vidéo avec Stephen Brooks
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Commentaire 1
En disant qu’il n’y a qu’ « une chose » que je connais à son propos, je lui suggère qu’elle pourrait m’en dire plus. Je suscite encore plus son désir de connaître l’hypnose en le lui faisant remarquer.
Commentaire 2
En plus de suggérer que l’état de transe est confortable, et « se fait tout seul», je souligne ces suggestions en altérant la hauteur et le ton de ma voix, pour les faire ressortir du reste de mon discours. J’utilise aussi mes yeux et mes expressions pour souligner encore plus ces messages secondaires.
Commentaire 3
Là je suggère qu’elle peut apprendre quelque chose de nouveau quand elle aura fini de me dire comment elle se sent – donc le fait de parler d’elle-même la rapproche de nouveaux apprentissages. En lui demandant de me décrire ce qu’elle ressent « là, maintenant », je lui suggère aussi que son ressenti va changer. Car maintenant ne dure que maintenant. J’ai fait cela car j’ai remarqué qu’elle était tendue.
Commentaire 4
Bon, ceci est assez complexe. Quand elle dit qu’elle est seulement un peu tendue, cela me donne l’occasion de mettre un peu d’humour. L’humour l’aide à se détendre. En suggérant que je m’attendais à ce qu’elle soit plus tendue que ça, je lui fais indirectement un compliment sur sa capacité à se détendre et je sous-entends que je suis peut-être encore plus tendu qu’elle. C’est une manière de me synchroniser avec son ressenti du moment. Cela nous rapproche car nous partageons un même ressenti.
J’ai aussi envie qu’elle se sente motivée pour cette séance donc je veux qu’elle acquiesce à tout ce que je dis. C’est pourquoi chaque question appelle une réponse positive. Même quand elle répond « non », elle est d’accord avec moi.
Commentaire 5
Là je dirige son attention vers le « petit peu de tension quelque part ». En faisant cela je limite encore plus sa tension. Je la félicite également d’avoir un petit peu de tension, tout comme je l’ai félicitée pour sa détente. Elle se sent à la fois tendue et détendue. Je veux me synchroniser avec ces deux expériences pour qu’elle sente que je la comprends et que c’est OK de ressentir cela.
Commentaire 6
Je veux limiter sa tension en plus en lui demandant de me dire où elle se trouve. En identifiant exactement où elle est, elle saura quand elle aura disparu. Je dirige également son attention vers l’intérieur car elle essaie d’identifier son ressenti. C’est l’un des premiers stades de la transe.
Commentaire 7
Nous savons tous les deux où réside sa tension et je vérifie s’il y a un autre endroit qui semble tendu.
Commentaire 8
J’avais remarqué qu’elle s’accrochait au fauteuil mais avant que je puisse ajouter quoi que ce soit, elle a pris une grande inspiration. J’ai synchronisé ma respiration à la sienne pour expirer en même temps qu’elle afin qu’elle sente que je fais de plus en plus partie intégrante de son expérience, tout simplement parce que je respire comme elle. Cela lui permet aussi de se rendre compte que je lui donne toute mon attention.
Commentaire 9
A nouveau je la félicite d’avoir été capable de se relaxer.
Commentaire 10
Je souligne maintenant la capacité de son inconscient à l’aider à entrer en transe. En général j’utilise le terme inconscient quand j’enseigne l’hypnose mais je l’appelle subconscient quand je pense que cela mettra le patient plus à l’aise. Et j’ai aussi créé un lien de cause à effet entre le fait qu’elle ait pris une inspiration et le fait que la sensation dans ses mains ait changé.
En réalité il n’y a pas de relation de cause à effet dans le cas présent, mais je suggère que sa respiration et les sensations dans ses mains sont liées d’une manière ou d’une autre. Je fais cela car je veux qu’elle commence à remarquer qu’un changement physiologique peut en entraîner un autre.
Cela permet à la transe de devenir un phénomène qui s’auto-génère. Plus tard, par exemple, je vais lui dire qu’en même temps qu’elle expire elle peut entrer plus profondément en transe. Cela fait de son cycle continu de respiration un processus d’approfondissement de la transe. Tout ce que j’ai à faire, c’est d’observer et de commenter le processus.
J’ai aussi délibérément proposé une formulation grammaticalement incorrecte : « et quelle sensation dans ces mains maintenant ? » C’est une autre manière de souligner certaines suggestions. On peut aussi choisir délibérément de mal prononcer un mot ou d’en éluder un. A chaque fois que, délibérément, je fais une erreur, la patiente corrige elle-même dans sa tête. Elle complète la formule, rajoute les mots manquants ou reprononce les mots mal prononcés ce qui veut dire qu’elle les souligne pour elle-même.
Commentaire 11
Il est impossible que la sensation soit exactement la même dans les deux mains. Certains patients ne réussissent pas, à ce stade, à noter la différence. Cependant, on peut généralement aisément les persuader que la sensation est différente dans une main et dans l’autre.
En posant la question « quelle main ? » je suggère qu’une des mains est moins tendue. Petit à petit je la détends de plus en plus par un processus d’élimination.
Commentaire 12
Ici j’utilise la confusion pour la désorienter de sa réalité actuelle et pour qu’elle commence à douter de sa compréhension organisée et consciente de la situation.Quand une personne est confuse, elle a envie de sortir de la confusion. Si elle n’arrive pas à sortir de la confusion en utilisant l’information récoltée à un niveau conscient, elle va aller chercher à un niveau inconscient. Deux types de techniques de confusion sont mis en œuvre ici. La première [invisible en français car basée en anglais sur your right hand / ta main droite et you’re right / tu as raison] utilise un temps de pause pour suggérer un sens et ensuite offrir un autre sens en complétant la phrase. La seconde introduit la confusion dans le sens de « gauche » et « droite ».
Et puis c’est un avant-goût de la communication à niveaux multiples qui vient ensuite.
Commentaire 13
Encore une fois j’introduis l’idée que son inconscient peut lui apporter quelque chose de positif sans qu’elle ait à décider consciemment de le provoquer.
Commentaire 14
Je lui dis que rire est une composante naturelle de l’induction en transe et donc elle doit commencer à entrer en transe.
Commentaire 15
Voilà une autre affirmation qui est grammaticalement incorrecte [en bon français : comme s’il y avait] et que je souligne encore par le changement dans la tonalité de la voix. Je lui fait également noter des changements physiologiques que je vois se produire chez elle à ce moment-là. Et c’est assez charmant, la manière dont son inconscient repère mes deux niveaux de communication et lui fait venir un sourire aux lèvres, ce que j’inclus immédiatement dans ma liste des changements physiologiques accompagnant la transe.
Quand je mentionne la partie qui sait de quoi je parle, je fais référence à l’inconscient. C’est une manière informelle d’introduire ce concept.
Commentaire 16
Il se passe un certain nombre de choses ici. D’abord je lui propose un truisme, ce qui l’aide à accepter ce qui vient ensuite. Ensuite je lui parle en fait précisément de la technique que j’utilise. Je me suis dis que ça serait une chose amusante à faire parce que j’adore jouer avec les mots. En même temps que je lui explique le principe de la communication à deux niveaux, je communique à deux niveaux. Donc elle ne sait pas si je suis en train de lui donner un exemple de cette technique ou si je suis en train de l’utiliser sur elle. Enfin si elle choisit de s’intéresser à mon explication, elle va probablement passer le reste de la séance à chercher des communications à deux niveaux et donc les souligner elle-même et si elle ne les remarque pas, ces communications à deux niveaux vont de toute façon influencer son comportement à un niveau inconscient sans qu’elle en ait conscience. Elle est dans un double lien.
Commentaire 17
Ici j’ai l’air de lui donner le choix mais en réalité quelle que soit la manière dont elle le prend, je ne suggère qu’une seule chose : qu’elle va y répondre [en anglais to respond peut signifier répondre et réagir]
Commentaire 18
Là je lui dis de ne pas penser à penser car elle peut enregistrer la communication au niveau inconscient. Je renforce le double lien en lui disant de ne pas faire quelque chose que je viens de lui dire de faire. Si elle le prend littéralement et ne cherche pas à penser à ce que je dis, cela va l’influencer inconsciemment. Si elle fait un effort pour essayer de ne pas y penser, plus elle essaie de ne pas y penser plus elle devra y penser.
Commentaire 19
Là j’ai décidé de lui proposer une série de suggestions emboîtées dans une analogie qui recouvre des descriptions d’expériences universelles. C’est un truisme qui décrit un processus naturel d’apprentissage qui est commun à tous. Le passage du stimuli externe ( le sourire sur un visage) au stockage de l’information à un niveau inconscient et comment un déclencheur externe ou un ancrage peut faire apparaître des associations établies précédemment.
Je veux l’encourager à faire ce passage entre l’attention branchée externe et l’attention branchée interne. C’est ce passage d’une expérience sensorielle externe à une expérience sensorielle interne qui constitue l’essence même de la transe. Je lui décris ce passage d’une expérience à l’autre et en même temps je la fais apparaître. Pour comprendre l’analogie il lui faut faire passer son attention de mes mots (un stimulus auditif externe) à son souvenir d’une situation d’apprentissage/de reconnaissance similaire (expérience interne) et donc à penser en images, sons, ressentis.
Je lui dis aussi qu’elle n’a pas besoin de faire consciemment attention à moi – elle recevra mon message de toute manière.
Commentaire 20
Je commente ouvertement le processus que j’utilise. Je peux faire cela car je sais que je l’ai préparée. Encore une fois elle a le choix entre donner son attention au processus ou le laisser simplement se produire. Je renforce également la suggestion qu’elle n’a pas besoin de faire attention à moi. En fait, je lui suggère même qu’elle s’absorbe dans la contemplation de combien il est « intéressant » de ne pas avoir à y penser. Il ne faut jamais dire à quelqu’un de « ne pas écouter ». C’est un ordre et la personne va soit y résister et vous écouter ou elle va essayer de vous obéir et en essayant de ne pas écouter va échouer tout simplement parce qu’il lui faudra d’abord écouter pour savoir ce qu’elle ne doit pas écouter.
Il est mieux de lui donner quelque chose d’autre à écouter, à penser ou à faire. Cela élimine l’effort consistant à essayer. C’est pourquoi je suggère qu’elle « trouve un intérêt » à penser au processus de ne pas avoir à penser. Si elle trouve un intérêt au concept, elle va faire l’expérience intérieure de penser et ne pas m’écouter (expérience extérieure).
Commentaire 21
Je lui ai présenté une autre analogie (externe) pour évoquer de possibles souvenirs (internes) et je l’ai autorisée à se plonger dans des rêveries. Je dis « autoriser » car l’analogie est placée dans le contexte scolaire. Je suggère donc aussi qu’elle peut enfreindre les règles de l’apprentissage. C’est également un nouveau concept qui peut la dissocier de son cadre de référence normal en lien avec l’apprentissage.
Commentaire 22
Ici je veux associer l’expérience du rêve au processus consistant à laisser l’esprit vagabonder. Je veux rendre le rêve contingent de l’esprit qui vagabonde. La nominalisation « songe » est sans limite. Cela implique de la magie, de l’exploration, une infinité de possibles et toute une chaîne d’associations ouvertes. Ce genre de nominalisation passe les barrières du conscient et les schémas rigides d’apprentissage. Plus elle rêve et mieux c’est. On ne peut rêver qu’à l’intérieur.
Commentaire 23
Elle me donne une brève liste d’éléments déclencheurs qui déclenchent le rêve : les livres, la télévision, les voyages. Toutes ces activités mettent en transe et impliquent un passage de l’extérieur à l’intérieur et je me saisis de l’une d’elle et je l’élargis – en focalisant mon attention sur son expérience intérieure avec « t’arrive-t-il de voyager dans ta tête ? »
Commentaire 24
Je la garde à l’intérieur (l’esprit)
Commentaire 25
Un simple Mmm suffira à renforcer son absorption intérieure. Je ne veux pas la distraire avec des mots. La tonalité du mmm est sensée évoquer le rêve.
Commentaire 26
Je continue à souligner la part de l’ « esprit » dans son expérience intérieure continue. Je veux qu’elle reste là.
Commentaire 27
Elle rit au moment où elle se souvient de quelque chose et je me synchronise avec la tonalité de mon « ouais ». Il est important de suivre son sujet au plus près pendant l’induction. De rester avec elle tout le temps jusqu’à ce qu’elle développe son propre vécu entièrement subjectif. Et même après cela de continuer à la suivre au plus près. Si elle sort de transe pour un instant, vous sortez aussi – juste assez longtemps pour la guider à nouveau vers l’état de transe.
Commentaire 28
Je veux qu’elle rentre dans son vécu.
Commentaire 29
Je veux qu’elle entre encore plus profondément dans son vécu.
Commentaire 30
Ici j’essaie d’établir un parallèle entre la situation de transe actuelle et son scénario. Elle et son compagnon en vacances et elle et moi dans la situation de transe = personne d’autre autour, c’est désert, c’est merveilleux (ce qu’elle m’a communiqué) deux personnes qui communiquent, être dans son petit monde à soi (ma suggestion). Je veux rendre floue la distinction entre son souvenir et son vécu actuel. Ainsi elle pourra plus facilement s’associer au vécu de ses vacances et aux sentiments qui y sont associés.
Elle ne se rend pas compte que je suis en train de faire cela. En fait elle le prend littéralement et répond à un niveau conscient. La transe est une question de négociation entre le thérapeute et le conscient et l’inconscient du sujet.
Commentaire 31
Elle n’a pas remarqué que sa respiration avait ralenti, ce qui est dommage. Cela aurait renforcé le processus de transe si elle l’avait remarqué. Elle remarque toutefois qu’elle est nerveuse. C’est l’anticipation d’une plongée plus profonde dans la transe. Je dis plus profonde car elle est déjà entrée et sortie d’états de transe légers plusieurs fois pendant notre conversation, et ce sans s’en rendre compte.
C’est bien d’avoir un sujet un peu tendu. Cela le convainct qu’il va se passer quelque chose.
Les pires sujets sont ceux qui sont parfaitement détendus avec une attitude de « fait ton truc sur moi maintenant ». Ils sont détendus parce qu’ils ne pensent pas qu’il va se passer quelque chose.
Cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas hypnotisables, mais qu’il va falloir être plus indirect et donner au processus un autre nom que « transe ». Ce qui reste très éthique si le but est d’aider un patient. Un chiropracteur manipule les os alors pourquoi ne pas manipuler les concepts, d’ailleurs cela fait moins mal. Il faut donc si possible déterminer s’il y a une attenteet utiliser la tension.
Commentaire 32
Ici j’utilise la tension. Il ne faut jamais dire à un sujet d’essayer de se détendre. L’effort mis en œuvre pour essayer de se détendre crée de l’anxiété. Dites-lui plutôt de se tendre encore plus et soit il va se fatiguer soit il va rendre le processus conscient et cela va faire passer la tension d’un processus initié inconsciemment à un processus décidé consciemment. La personne est alors en meilleure posture pour décider de lâcher la tension.
Commentaire 33
Ceci est une suggestion dépendante dans laquelle le fait de lâcher prise est contingent du fait que l’esprit conscient « sache » qu’elle peut entrer dans un état de transe agréable. Cela met plus l’accent sur son processus inconscient. Cela lui donne aussi un moyen de savoir quand elle peut s’attendre à descendre plus profondément en transe. Lâcher la tension = état de transe plus profond. Si elle fait un effort pour s’accrocher à la tension, elle finira par devoir lâcher. Elle est dans un double lien.
Commentaire 34
Je veux mettre en évidence les changements physiologiques caractéristiques de l’entrée en transe. Une des meilleures manières de le faire est la « technique de mon ami John » d’Erickson, où le thérapeute décrit un ami imaginaire et ce qui lui est arrivé quand il est entré en transe. Ici je raconte une séance de questions/réponses avec un de mes étudiants. Cela me permet de souligner certaines suggestions et de faire des suggestions pour faire passer son attention de la réalité extérieure à la réalité intérieure.
Commentaire 35
Le passage de la réalité extérieure à la réalité intérieure et la surcharge de suggestions indirectes a déclenché une accélération du réflexe de clignement des yeux. En le faisait remarquer je suggère indirectement un lien entre le clignement des yeux et le fait d’entrer en transe. Cela peut produire l’une des deux réactions suivantes chez le sujet. Soit le clignement augmente, soit il va s’arrêter totalement. L’accroissement du clignement des yeux est inconsciemment provoqué ou indirectement sciemment provoqué par le fait d’essayer consciemment de l’arrêter. L’accroissement du clignement des yeux rend la transe qui s’ensuit plus forte. L’arrêt conscient du clignement des yeux est généralement un signe d’un manque temporaire de désir d’entrer en transe à ce moment-là. Dans ce cas le thérapeute a deux possibilités : soit il retourne sur ses pas et attend que le sujet se sente prêt, soit il utilise le manque de réflexe des yeux pour suggérer que le sujet cligne de moins en moins des yeux. Le sujet peut résister et céder en même temps. De toute manière le réflexe de clignement des yeux rend la transe qui s’ensuit plus forte du moment que le thérapeute crée un lien entre les deux phénomènes.
Commentaire 36
Je renforce l’association entre le clignement des yeux et la transe qui s’ensuit.
Commentaire 37
Quand vous voyez que la réaction désirée se produit chez le sujet, frustrez-la – cela la rend encore plus désirable. Plus elle essaie de retarder un processus inconscient et continue, plus il sera difficile de l’empêcher de se produire.
Elle peut choisir d’adopter ma suggestion de résister à l’entrée en transe et par là la rendre encore plus désirable ou elle peut choisir de résister à ma suggestion de résister et entrer en transe.
A cause de son appréhension, j’ai décidé d’utiliser une approche autoritaire. Je la provoque ouvertement et j’espère susciter sa résistance à ma suggestion de résister, cependant je le fais avec humour afin de brouiller la congruence entre la communication verbale et la communication non-verbale. Cela peut créer une « confusion thérapeutique » car elle s’appuie sur moi comme cadre de référence. Afin de maintenir le cadre de référence, elle doit concentrer encore plus son attention – elle s’appuie totalement sur moi en matière d’orientation et je jongle avec son sens de la logique.
Commentaire 38
Ici je lui propose une métaphore qui est parallèle à l’expérience qu’elle est en train de faire. C’est synchronisé avec sa réalité présente et suggère ce qui va venir ensuite. La réalité présente = quelque chose de nouveau qu’on découvre peu à peu. Ce qui va venir = l’excitation et la curioisté de l’expérience de transe qui s’ensuit. Le mot présent suppose une surprise agréable. Cela peut aussi vouloir dire « moment présent » [C’est afin de conserver ce double sens que j’utilise présent alors que cadeau serait plus naturel en français].
Commentaire 39
Je continue à frustrer sa réaction bien qu’elle demande la permission de fermer les yeux.
Commentaire 40
Bon ici c’est vraiment complexe car non seulement j’induis une confusion pour la mettre en transe, mais je prépare aussi un certain nombre de choses pour plus tard. Je renforce également une nouvelle fois sa capacité à m’écouter à différents niveaux (inconsciemment) avec un truisme. Je choisis le mot « voilà » car j’ai l’intention de l’utiliser ensuite comme déclencheur pour susciter la transe plus tard. Je divise le mot en syllables car je veux suggérer deux mois (mots) car plus tard je veux qu’elle ait une hallucination où elle se voit elle-même. Donc je suggère ici qu’il peut y avoir deux « Moi » et en même temps un « Moi ». [Le dialogue est ici réécrit afin de conserver la mutliplicité de sens ; en anglais on joue sur le « You » (Toi) et « Double You » (à la fois double Toi et w : double v) ].
C’est pourquoi j’insiste sur le fait qu’associé au mot voilà, on peut avoir un mot (un Moi) et deux mots (deux Moi). [en français on joue sur la confusion sonore mot/moi]. Quand on met en place un phénomène tel qu’une hallucination, il est bon de passer du temps à préparer et suggérer indirectement que cela va se produire [dans cette version française, on peut jouer sur voilà/ vois-là qui suggère déjà une hallucination].
Commentaire 41
Elle n’y avait jamais pensé ; bien sûr qu’elle n’y avait jamais pensé – il faut qu’elle aille chercher à l’intérieur pour répondre à la question. Ensuite j’utilise sa réponse pour renforcer la suggestion par la répétition. Il faut saisir toutes les occasions d’employer la répétition : cela renforce la suggestion. Cependant il ne faut pas le faire directement.
Commentaire 42
Je note son réflexe de clignement de yeux et je l’encourage en suggérant qu’elle retourne en Turquie. Comme j’ai frustré son désir de fermer les yeux et que je l’ai dissociée avec la confusion, elle ne peut plus résister à la fermeture des paupières. Comme elle s’aggrippe toujours à la fauteuil, je décide de capitaliser sur l’association précédente entre le fait de s’aggripper à la fauteuil et de ne pas entrer en trance, avant que son inconscient le décide. Je continue à frustrer sa réaction.
Commentaire 43
Ici je lui fais remarquer les changements physiologiques que je peux observer et je rends la transe contingente de la poursuite de ces changements.
Commentaire 44
Les gens qui sont en formation me demandent souvent : « Mais pourquoi est-ce que tu demande au sujet de te faire part de son expérience juste au moment où il entre en transe – cela doit sûrement l’en faire sortir ? » Et bien d’abord cela m’est égal que le sujet sorte de transe car j’aime frustrer la réaction et ensuite elle va me donner des informations concernant son expérience subjective. Jusqu’ici j’ai seulement utilisé ce que j’ai pu observer. Maintenant j’ai des informations internes. De plus pour me faire part de son expérience, il faut qu’elle aille à nouveau chercher à l’intérieur, notamment quand je lui demande d’identifier dans quelle partie du corps elle ressent le plus la chaleur.
Commentaire 45
Ici je sépare plus directement la communication avec le conscient de la communication avec l’inconscient en utilisant le changement de direction de la voix. Quand je me penche à gauche, je parle à son inconscient et quand je me penche à droite, je parle à son conscient. Du moment que je suis cohérent, elle sera inconsciemment capable de répondre aux communications séparées. En fait je lui dis de ne pas écouter consciemment. Je veux que son conscient reste en Turquie pendant que j’ai une discussion en privé avec son inconscient. Je ne veux pas qu’ « elle » (son conscient) interfère avec les processus autonomes.
Commentaire 46
Cela rend la profondeur de la transe contingente de la respiration. Les suggestions dépendantes devraient toujours utiliser un comportement continu qui est important pour le sujet. La respiration est plutôt importante donc on l’utilise. De plus l’expire incite plus à aller en profondeur que l’inspire.
Commentaire 47
Là je suis en train de la préparer pour l’expérience de la lévitation du bras et de la catalepsie en utilisant une métaphore. La métaphore ne fait pas sens pour l’instant et elle se place donc dans un état d’attente inconsciente pour découvrir ce qui signifie cette métaphore. [« bien droite » en anglais se dit « upright »(haut droit), ce qui est une préparation à la lévitation du bras droit.]
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